Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 16:44


Je suis particulièrement amoureuse...du Mexique. J'y ai vécu, j'y suis retourné et.. enfin bon, c'est une longue histoire. Si il a un livre que je vous recommande pour avoir une idée de la culture délicieuse et cosmopolite de ce somptueux pays, c'est Chocolat amer, de Laura Esquivel. C'est un livre facile facile d'accès et simple qui attaque pourtant une période sombre et difficile de l'histoire mexicaine : celle de la Révolution du début du XXè siècle (1910).  Voici un petit résumé:

 "Dans le Mexique du début du siècle, en pleine tempête révolutionnaire, Tita, éperdument éprise de Pedro, brave les interdits pour vivre une impossible passion. À cette intrigue empruntée à la littérature sentimentale, Laura Esquivel mêle des recettes de cuisine. Car Tita possède d'étranges talents culinaires : ses cailles aux pétales de roses ont un effet aphrodisiaque, ses gâteaux un pouvoir destructeur. L'amour de la vie est exalté dans ces pages d'un style joyeux et tendre, dont le réalisme magique renvoie aux grandes oeuvres de la littérature latino-américaine. Chocolat amer, adapté en film sous le titre Les épices de la passion, s'est vendu à plus de quatre millions d'exemplaires dans le monde."

 Ce livre est une merveille pour les papilles, il sait mettre en appétit. En effet, l'auteur a construit son roman comme un livre de cuisine; chaque chapitre correspond à un mois de l'année, et chaque mois correspond à une recette. Les chapitres débutent donc par la recette détaillée, qui sera réalisé par Tita, la belle héroïne. Si vous voulez en apprendre sur la culture gastronomique du Mexique, vous être servie!
C'est un roman qui mêle le merveilleux au réel et à l'ordinaire, de manière très naturelle; un don que possède nombre de grands auteurs latino américain tel qu' Isabel Allende... C'est là tout le piquant de cette oeuvre. Elle est d'une sensualité extrême. Les aliments sont érotisés au plus haut point. Il faut savoir que c'est une histoire d'amour bien triste. Et frustrée. Tita aime Pedro. Mais elle n'a pas le droit de se marier. Étant la plus jeune soeur de la famille, son destin est déjà tout tracé. Détruit par une terrible tradition familiale qui veut que la  benjamine de chaque génération se voue entièrement à sa mère, et ce, jusqu'à la mort de celle-ci. Tel est donc le sombre fardeau de Tita. Elle ne peut épouser l'homme qu'elle aime. Celui-ci, pour se rapprocher d'elle, va alors épouser sa soeur, Rosaura. C'est donc à travers la nourriture que Tita et Pedro vont trouver une manière de communiquer et de vivre leur amour. C'est à travers les succulents plats de Tita qu'ils vont trouver le moyen de faire l'amour! Car, la cuisine de Tita a quelque-chose de magique. Et ceux qui la goûtent n'y restent pas insensibles. Ils sont soudains pris de folie sensuelle, de chaleur érotique, de désir. Et la mère de Tita, femme austère et jalouse va être témoin du manège des deux amoureux et va tout faire pour les séparer, pour éviter leur liaison, déjà bien limitée....
Il s'agit donc d'une tragédie amoureuse. C'est triste, c'est rageant, c'est parfois plein d'espoir aussi. Et c'est portée par le romantisme du début du siècle. Et par l'effervescence de la Révolution. Oui, le contexte historique est bien exploitée et offre un cadre des plus romanesque pour une intrigue déjà bien haute en couleur. Épicé est le mot. Un des personnages masculin est en effet un insurgé (un révolutionnaire), et lui aussi, sera victime du mystérieux pouvoir de la belle Tita! Tout cela donne des aventures rocambolesques, teintées d'érotisme et pleines de saveur. La saveur du Mexique.
Je recommande absolument ce livre pour ceux  qui veulent faire un tour de ce côté du monde. Là où les amours ont la puissance pathétique du chant Ranchero et le piquant du Chile  qui enflamme la bouche comme un incendie. À l'image du Mexique, un livre passionnel, plein d'humour et de sensualité! Qui laisse un goût amer quand on tourne la dernière page...
Pour ceux qui parlent espagnol, je recommande forcément la version originale (toujours préférable à la traduction). Le titre est Como agua para chocolate est est disponible aux éditions Debolsillo (à la fnac au rayon roman en langue etrangère).

Par Anabalina - Publié dans : Les "Latinos"!
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 17:27

 

La Lignée est le premier roman du réalisateur mexicain Guilermo del Toro, qu'il a co-écrit avec Chuck Hogan. Il s'agit du premier tome d'une trilogie qui s'avère...sanglante!

"Depuis son atterrissage à l'aéroport JFK à Nex-York, un avion en provenance de Berlin ne répond plus à la tour de contrôle. Le spectacle qu'Ehpraïm et son équipe d'épidémiologistes découvrent à bord a de quoi glacer le sang: tous les passagers sauf quatre sont morts, en apparence paisiblement. Ont-ils été victime d'un attentat au gaz ? D'une bactérie foudroyante ?
Lorsque, le soir même, deux-cents cadavres disparaissent des morgues de la ville, Ephraïm comprend qu'une menace sans précédent plane sur New-York. Lui et un petit groupe décident de s'organiser. Pas seulement pour sauver leurs proches. C'est la survie de l'humanité entière qui est en jeu..."

 Du gros, du lourd, du bourrin me direz-vous ? Certes, on pourrait le voir comme ça. Mais il n'en ai rien. J'ai dévoré ce livre. Et j'en ai même fait des cauchemars.
Il commence d'une bien étrange façon. Il commence par la légende glaçante que raconte une vieille grand-mère à son petit fils le soir au souper, au fin fond de la Roumanie. Une légende...de vampire.  En quelque sorte une introduction, ce petit prélude sonne comme un avertissement. Et nous plonge sans détour dans une atmosphère crépusculaire. Puis, l'histoire démarre. Et ça démarre au car de tours! 
Forcément, l'écriture est nerveuse, très cinématographique, presque scénarisé. La tension est ainsi mené à son plus haut degré. Un dialogue des plus banal entre une tour de contrôle et des pilotes prends très vite une tournure angoissante. L'avion ne réponds plus... Immobilisé au sol, toutes ses lumières sont éteintes. On frissonne avec le contrôleur de trafic aérien. Comme lui, on se demande bien ce qui se passe dans cet avion. Et comme lui, on n'augure vraiment rien de bon. Evidemment, on est au États-Unis et qui plus est à New-York. C'est forcément une menace......... Les auteurs tiennent bien compte du climat social actuel de ce pays; le souvenir du 11 septembre, la chasse au terrorisme, la crainte d'une attaque et surtout la peur. Omniprésente, palpable, grandissante et alimenté par tous les médias. La peur  que l'on cultive comme le blé et que l'on distribue à la plèbe. La peur précieuse qu'il ne faut surtout pas laisser s'échapper... C'est dans cette optique et à l'aide de cette ficelle que le livre prends corps et atteint une vraie crédibilité. 
Intéressant aussi, les références au roman fantastique classique. Les personnages veulent du rationnel, ce sont d'ailleurs tous de scientifiques (sauf un...). On cherche avant tout l'explication rationnelle à ces morts inexpliquées. On décortique, on analyse, on réfléchit à  s'en faire cramer les neurone: la raison doit l'emporter! Et, quand toutes les options scientifiques ont été passé en revue, on en vient à l'irrationnel. On en vient à l'acceptation de ce qui n'est même pas imaginable. 
Et alors survient l'eclipse. L'occultation totale du soleil. Et c'est dans ce laps de temps si court que l'horreur va commencer. L'eclipse apparait dans le livre comme la transition essentielle entre le petit monde rassurant que nous connaissons et les ténèbres qui nous environnent. Et avec l'irruption du fantastique, arrive un personnage intriguant (dont on a suivi l'histoire en parallèle), un certain Abraham. Il va se rallier au petit duo de scientifiques pour les aider dans leur quête: stopper cette virulente "bactérie", cette monstrueuse épidémie qui se répands dans la ville comme une flaque sombre. C'est un vieil homme qui connaît le mal qui ronge la ville. Il l'a déjà affronté, bien des années auparavant. Il est porté par un désir de vengeance. Il va enfin pouvoir affronter son vieil ennemi... La quête de toute sa vie. Forcément on pense à Abraham Van Helsing. Forcément on pense à Dracula, dont les références sont disséminés dans le livre avec beaucoup d'intelligence et d'ingéniosité. Pour qui a lu ce classique, c'est un vrai régal.
Les auteurs ont bien su rendre hommage à leur maître. Leur maître oui, car c'est une histoire de vampire traditionnelle et construite dans les règles de l'art. Elle est certes contemporaine et se nourrit de cinéma. Elle s'abreuve des préocupations actuelles (terrorisme, épidémies déclenchants l'alerte générale...) mais tout le shéma classique est là. L'intrusion du fantastique dans le quotidien, le questionnement, le danger et la traque. Car c'est dans ce premier tome que la traque commence. La traque d'un ennemi terrifiant qui, personnellement, me captive déjà.
Je vous conseil don ce livre si vous aimez vous faire peur. Car oui je l'admet, il est vraiment effrayant. On est loin des vampires romantiques et en perpétuel questionnement d'Anne Rice. Ceux-là n'ont rien d'humain. Ils sont vides, puants comme la mort, et silencieux, tellement silencieux.... BRRRR, rien que d'y penser. Bref, un livre violent, sanglant, traumatisant, cauchemardesque. Habilement ficelé. Avec une critique implicite de la société américaine en sus. Efficace!
A quand la suite ?
  

 

Par Anabalina - Publié dans : Les flippants
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 21:29

PAL

Voici ma PAL (Pile à Lire dans le jargon apparemment)! Je l'ai restreinte aux livres qui me motivent le plus!


 Dracula L'immortel de Drake Stocker. J'ai vraiment hâte!

Un Don, de Toni Morrisson, mon auteur préférée! 

Sanctuaire, de William Faulkner, un classique!

Et on va s'arrêter là c'est déjà bien. Même si il y n a pleins d'autres, comme Garçons de Crystal de Bai Xianyong, Petit Déjeuner chez Tiffany, de Truman Capote, Les raisins de la colère, de Steinbeck, Là où les tigres sont chez eux, de Jean-Marie Blas de Roblès....


 

Par Anabalina - Publié dans : Blabla
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 19:37

 



Equador est le premier roman du journaliste portugais Miguel Sousa Tavares. Il a été publié en 2003. J'ai tout simplement été épaté.
 
"Luis Bernardo Valença, un brillant mondain lisbonnais, est convoqué par le roi Don Carlos. Ce dernier, sous la pression des Britanniques, le charge de mettre fin au travail forcé dans les plantations de cacao de Sao Tomé et Prîncipe. Lourde tâche pour un dandy accoutumé à boire du champagne dans les escarpins des dames! Dans l'archipel du golfe de Guniée, les colons l'attendent de pied ferme..."

Je n'attendais honnêtement pas grand chose de ce livre, que j'ai acheté à Lisbonne plus comme un souvenir de mon voyage et comme un document historique sur le Portugal. J'avais un peu peur d'être assommée par une histoire trop politisée et pas assez sensuelle. La (très bonne) surprise n'en a été que plus savoureuse.
J'ai commencé ce livre et j'ai tout de suite été happé par une écriture, une intrigue et une ambiance passionnée! La qualité du livre est évidente, c'est d'une précision politique et historique bluffante. J'ai tout de suite senti qu'il s'agissait d'un grand livre, d'une perle que j'avais eu la chance de dénicher par hasard. 
Effectivement, les personnages sont dépeint avec la perfection d'un portraitiste. Le personnage principal est extrêmement complexe et de plein de fougue. On sent que l'auteur s'est richement documenté sur le contexte politique de l'époque (monarchie croulante, effervescence démocratique...) et de ce fait, le portrait de de Luis Bernardo n'en est que plus réaliste. Il est passionnée, revendicateur, pleins d'idées nouvelles sans pour autant être révolutionnaire ou violent. Il inspire d'emblée la sympathie! Il est donc l'homme adéquate pour la tâche éprouvante que le roi va lui confier, et qui nous entraîne droit dans la moiteur des colonies tropicales et sauvage de Sao Tomé et Prîncipe. Car c'est là que l'on suit le personnage, Luis Bernardo, comme si on était son propre coéquiquier! 
L'auteur nous plonge dans  une ambiance coloniale envoûtante. Et l'intrigue qui me paraissait fastidieuse a réveiller en moi la passion politique. C'est tout le génie d'instaurer et de dépeindre, par la seule force des mots, toute une époque et toute une mentalité sans ressembler à un manuel d'Histoire. On rentre dans les rouages d'une monarchie vieillissante et dispendieuse, qui n'a guère plus rien d'autre à faire que s'adonner à la chasse et à la maintenance d'un train de vie de plus en plus déplacé! On entre en pleine lutte idéologique contre l'esclavage, à grands coups de réthoriques, de faux semblants, d'hypocrisie, de grands discours, de petits pas et de révolutions. La prise de conscience du lecteur se fait en même temps que celle de Luis Bernardo. Brillant!
Oui, l'intrigue est brillamment menée et divinement ficelée. On ne s'ennuie pas, on se passionne et on exulte.  
On en vient à envier la vie menée par Luis Bernardo, lointaine et isolée de tout, portée par un combat qui devient sa seule raison de vivre. Lui que au début, ne comprenait pas pourquoi le roi lui avait confié cette mission....
Et quelle sensualité! On ressent la solitude bercée seulement par le chant de la mer qui entoure l'île de toutes parts. . On ressent la chaleur moite et grouillante  des tropiques. On est dans l'attente du crépuscule, pour de nouveau sentir un peu la fraîcheur du vent si précieux. On est, nous aussi, reconnaissant des pluies torrentielles qui viennent casser ce climat si pénible. On perçoit, délicieux et subtil, le parfum du cacao qui sèche doucement au soleil. On entends les chants des hommes qui se tuent lentement à la tâche dans les plantation. On respire la sueur cruelle d'un esclavage qui n'a plus lieu d'être. D'un esclavage, au début du XXè siècle. D'un esclavage précieusement gardé et honteusement caché. D'un esclavage déguisé en travail rémunéré! 
Dans ce livre, on est en lutte au côté du héros. On vibre avec lui.
Je le recommande grandement, c'est une merveille qu'on n'a pas envie de voire se refermer. Un grand livre il me semble, qui mérite d'être beaucoup lu. Et en plus de divertir, comme tout bon roman doit le faire, il apprend beaucoup sur l'Histoire du Portugal! 
Divin


 

Par Anabalina - Publié dans : Les coups de coeur
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 19:08
Bonsoir
Ce blog ne sert à rien. Il est inutile. Il vous est inutile. À moi aussi il est inutile.
Il n'a aucun but. Il n'a pas la prétention de dévoiler un talent, inexistant. Il n'a pas de visée politique, journalistique ou critique. Non, en aucun cas il n'est critique (dans la mesure où l'on peut s'empêcher de l'être quand on écrit sur des livres, ou de la musique, ou que sais-je encore....)
Il est vide de sens.
Mais il est riche en contenu.
Car ce que j'espère avec cette inutilité c'est : partager, avec
ceux qui le veulent, ce qui vaut le coup à mes yeux, pour se faire plaisir.  
Il est certain que j'ai du temps à perdre.
Si vous en avez aussi, du temps à perdre,  il y a ici de bonnes raison de ne pas culpabiliser!
 
Par Anabalina - Publié dans : Blabla
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Bienvenu!

  • : Du temps à perdre!
  • Du temps à perdre!
  • : En espérant vous faire découvrir de petites perles, à savourer pendant votre temps libre. Et surtout, échanger et discuter sur les livres, disques...présentés ici!
  • : 27/11/2009

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